Et pourquoi ça n'a rien à voir avec l'argent
C'est l'une des plus grandes idées reçues du marketing d'influence : que l'influenceur (nano, micro, macro ou mega) danse pour l'argent. Ce n'est pas le cas. Et les sportfluenceurs certainement pas. Ils disent non pour une autre raison : l'identité.
L'enquête
On a demandé à 40 athlètes amateurs — coureurs, triathlètes, cyclistes et CrossFitters — pourquoi ils refusent les collabs avec des marques. Juste ça : pourquoi tu as dit non ? La réponse est inconfortable pour les marketeurs.
Les chiffres (et oui, ça pique)
| Raison | Pourcentage |
|---|---|
| La marque ne me correspond pas | 33% |
| Trop d'attentes / de posts | 23% |
| Ça ne sent pas l'authenticité | 23% |
| Rémunération trop faible | 8% |
| Pas envie de commercialiser mon feed | 7% |
| Pas le temps | 5% |
Relis ça. Seulement 8% mentionnent l'argent. Plus de la moitié décroche pour des raisons d'identité et d'authenticité. Ce n'est pas un problème de pricing — c'est un problème de fit.
Le ghosting, ce n'est pas de la paresse
Les marketeurs se plaignent en masse du ghosting après gifting. Les produits partent, les posts ne viennent jamais. Le secteur appelle ça un problème d'exécution. C'est n'importe quoi.
Le ghosting est souvent juste une version polie de : « Cette marque ne me ressemble pas — et je n'ai pas envie d'en discuter. »
Nos répondants étaient remarquablement honnêtes. Ils disaient des choses comme : « Le produit ne correspond pas à ce que je défends », « Je reçois souvent des messages de marques que je ne connais pas ou en qui je n'ai pas confiance », et « Ce n'était juste pas mon style ». Ce n'est pas du désintérêt. C'est de la protection de réputation.
Pourquoi les SPORTFLUENCEURS sont fondamentalement différents
Les athlètes amateurs ne sont pas des influenceurs. Ils s'entraînent 10+ heures par semaine. Leur Strava et leur Instagram sont des extensions de leur identité.
Leurs followers — généralement entre 500 et 5.000 — sont des compagnons de club, des partenaires d'entraînement locaux, plus des gens qui les suivent pour l'inspiration. Mais aussi pour le contenu de plus en plus fun, pédagogique et créatif qu'ils produisent. Ces followers ne sont pas des inconnus, mais ce ne sont pas non plus des amis IRL. Ce sont des gens qui sentent quand quelque chose cloche.
Un post commercial qui ne sonne pas juste, ce n'est pas une collab — c'est une perte de statut. Tu ne peux pas bluffer devant des gens qui te regardent souffrir sous la pluie chaque dimanche.
L'angle mort des marques
Beaucoup de marques (et d'agences) fonctionnent encore sur ce modèle mental : « Les influenceurs le font pour leur prochain salaire. » C'est souvent vrai — pour les influenceurs professionnels. Mais les athlètes amateurs sont d'abord focalisés sur leur prochain objectif sportif. Et quand une marque les approche, ils ne se demandent pas « qu'est-ce que je reçois ? » mais « est-ce que ça me ressemble ? »
Ce qui motive vraiment les athlètes
On a aussi demandé ce qui rend les collabs attractives. Le réseautage avec d'autres athlètes arrive en tête (21%), suivi par la reconnaissance comme athlète sérieux (20%), les produits gratuits qu'ils achèteraient eux-mêmes (20%), et une marque qui correspond à leur identité (18%). Le revenu supplémentaire ? Cinquième, avec 13%.
Ce n'est pas une creator economy. C'est une prestige economy.
Ce que ça implique
Arrête le spray-and-pray. Arrête d'envoyer des cartons à des gens que tu ne connais pas. Arrête de penser en posts, CPM et codes promo.
Parce que voici ce qui se passe vraiment : tu brûles des produits, tu n'achètes aucune goodwill, tu ne crées aucune advocacy, et tu n'apprends rien. Un athlète qui dit non à 100€ de gear, dit souvent oui à 75€ + reconnaissance + accès à une communauté pertinente. 42% de nos répondants ont explicitement choisi cette option.
La vérité qui fait mal
Pour les sportfluenceurs amateurs, l'argent n'est pas un moteur principal, c'est ce que disent les données. Ils veulent être pris au sérieux, être reconnus comme athlètes, collaborer avec des marques qui leur correspondent, et faire partie d'une communauté qui les comprend.
Les marques qui comprennent ça construisent des relations. Celles qui l'ignorent continuent à se faire ghoster — et appellent ça de l'« influencer fatigue ». Le problème, ce n'est pas la fatigue. Le problème, c'est la non-reconnaissance de l'identité.
Pour les athlètes
Ça te parle ? On veut entendre plus de voix — surtout d'athlètes qui ont déjà refusé des collabs, qui ont ghosté (ou été ghostés), ou qui jonglent avec l'équilibre entre visibilité et authenticité.
👉 Remplis l'enquête — 3 minutes. Ton input aide à définir comment les marques sportives travailleront avec les athlètes à l'avenir. (Et non — ce n'est pas une liste de leads pour codes promo.)
Pour les marques
Ce texte n'est pas une critique. C'est une invitation — mais pas une porte ouverte.
On est ouverts à 5 collabs pilotes avec des marques prêtes à sortir des mécaniques classiques d'influence, prêtes à investir dans le fit, la communauté et la reconnaissance, et qui préfèrent construire des relations plutôt qu'acheter des posts. Pas de spray-and-pray. Pas de bulk gifting. Une expérience qui a du sens.
👉 Envoie-nous un message en expliquant pourquoi ta marque a sa place ici.
Données : Sunday Squad Free Gifting Survey, janvier 2026 (n=40, Belgique & Pays-Bas)